samedi 21 avril 2012

Québec renonce à son devoir d'accueillir les immigrants

Les organismes communautaires héritent du mandat

Robert Dutrisac   5 avril 2012
Québec — L'État québécois se déleste de sa responsabilité d'accueillir les nouveaux arrivants pour confier cette tâche aux organismes communautaires.

lundi 26 mars 2012

Hausse de 85% pour s'établir au Québec

Budget Bachand - Les immigrants passent à la caisse

Les nouveaux arrivants subissent une hausse tarifaire de 85 %

La Presse canadienne   22 mars 2012

Après avoir mis les citoyens à contribution, voilà que le gouvernement Charest fait passer les immigrants à la caisse. Québec a décidé d'appliquer aux nouveaux arrivants le principe de la «juste part» payée par chacun en leur imposant une hausse tarifaire de 85 %.

Le 1er avril, les travailleurs qualifiés qui veulent s'établir au Québec verront le coût de leur demande de certificat de sélection pratiquement doubler: il passera de 406 $ à 750 $. La mesure a été annoncée discrètement dans le budget déposé mardi par le ministre des Finances, Raymond Bachand.

La somme de 750 $ sera par la suite indexée annuellement. Elle s'ajoute aux 550 $ qu'exige le gouvernement fédéral pour sa portion de l'étude des dossiers.

Dans les documents budgétaires, le gouvernement explique que la hausse permettra de mieux refléter le «coût réel» du traitement des demandes et de «financer l'embauche d'employés supplémentaires par le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles».

Il faudra voir si l'arrivée des nouveaux fonctionnaires permettra de réduire de façon significative le nombre imposant de demandes qui s'est accumulé au cours des dernières années. Selon le président de l'Association québécoise des avocats en droit de l'immigration, Dan Bohbot, on compte aujourd'hui pas moins de 85 000 dossiers en attente, soit l'équivalent de quatre ans de travail.

Critères resserrés

Le bond du nombre de demandes s'explique principalement par la décision du gouvernement fédéral de resserrer les critères d'immigration en privilégiant 29 professions. Certains des candidats exclus par Ottawa tentent leur chance au Québec, où les règles sont différentes. L'Associated Press rapportait plus tôt cette semaine que des Chinois apprennent le français dans l'espoir d'obtenir un certificat de sélection du Québec, quitte à déménager ailleurs au Canada par après.

Me Bohbot ne croit pas que la hausse des frais affaiblira substantiellement l'engouement pour l'immigration au Québec. «On s'attend déjà à ce que [les nouveaux arrivants] aient un minimum d'argent quand ils viennent au Canada pour vivre pendant un certain temps sur leurs économies, alors à mon avis, ça n'aura pas un impact énorme, a-t-il souligné. Ce n'est pas ça qui va vraiment empêcher des gens de vouloir immigrer au Canada ou au Québec.»

L'avocat avance même que le gouvernement québécois pourrait avoir intérêt à imiter Ottawa et à resserrer ses critères d'admission afin de réduire le nombre de nouvelles demandes.

Pour l'instant, la politique du gouvernement vise à augmenter le nombre de travailleurs qualifiés formés à l'extérieur du Québec et à faciliter leur intégration par divers programmes. Le but, qui est loin d'être toujours atteint, est de faire en sorte que les nouveaux arrivants puissent travailler dans leur domaine, s'ils réussissent à s'adapter aux normes et pratiques définies par les ordres professionnels québécois.

Cette année, entre 31 000 et 41 000 personnes devraient recevoir un certificat de sélection dans la catégorie des travailleurs qualifiés. La plupart d'entre eux seront par la suite admis au Québec.

mardi 21 février 2012

Les travailleurs migrants sont victimes de discrimination

Les travailleurs migrants sont victimes de discrimination

La Commission des droits de la personne souligne la vulnérabilité de ces travailleurs

La Presse canadienne   20 février 2012
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse affirme que les aides familiales résidantes, les travailleurs agricoles saisonniers et les autres travailleurs étrangers temporaires sont dans une situation de très grande vulnérabilité.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
 http://www.ledevoir.com/politique/canada/343184/les-travailleurs-migrants-sont-victimes-de-discrimination
 
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse affirme que les aides familiales résidentes, les travailleurs agricoles saisonniers et les autres travailleurs étrangers temporaires sont dans une situation de très grande vulnérabilité.
Les travailleurs migrants sont victimes de discrimination, constate la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

Dans un avis rendu public aujourd'hui, l’organisme affirme que les aides familiales résidentes, les travailleurs agricoles saisonniers et les autres travailleurs étrangers temporaires sont dans une situation de très grande vulnérabilité.

Ces travailleurs sont victimes de discrimination en raison de leur origine ethnique ou nationale, de leur race, de leur condition sociale, de leur langue et, dans le cas des aides familiales résidentes, de leur sexe.

Selon l’organisme, la vulnérabilité dans laquelle se retrouvent ces travailleurs migrants exerce une pression à la baisse sur les conditions de travail de l’ensemble des travailleurs qui œuvrent dans ces secteurs.

La Commission des droits de la personne croit que le gouvernement du Québec devrait mettre en place un programme d’immigration permanente plutôt que temporaire et ainsi limiter le recours aux travailleurs migrants.

De plus, selon l’organisme, les travailleurs migrants ne devraient plus détenir un permis de travail qui les limite à un seul emploi et un seul employeur. Ils devraient aussi être libres de demeurer ou non chez leur employeur.

7000 travailleurs

En 2010, le Québec a accueilli près de 7000 travailleurs migrants peu spécialisés, dont la plupart étaient originaires du Guatemala, du Mexique et des Antilles. Ils ont été employés principalement dans le secteur agricole.

De ce nombre, environ 400 aides familiales résidentes, en majorité originaires des Philippines, travaillaient dans des familles québécoises comme gardiennes d’enfants ou aides domestiques.

La Commission constate que les travailleurs migrants n’ont pas droit, notamment, à l’aide juridique, à l’aide sociale, à l’instruction publique et aux programmes de soutien à l’intégration des immigrants.

Ils sont aussi exclus de certaines dispositions du Code de travail, de la Loi sur les normes du travail, de la Loi sur la santé et la sécurité du travail et de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles.

«Ce sont pourtant des personnes qui bénéficient de la protection de la Charte des droits et libertés de la personne au même titre que les résidents permanents ou les citoyens, a déclaré dans un communiqué le président de la CDPDJ, Gaétan Cousineau. Elles font partie du tissu social et contribuent à la vie économique du Québec.»

Weil étudie la décision


La ministre de l’Immigration Kathleen Weil étudie l’avis de la CDPDJ et réserve ses commentaires pour plus tard, a indiqué sa porte-parole.

«La question des travailleurs peu qualifiés a toujours été un dossier très important pour le ministère et pour la ministre et c’est pour ça qu’on veut prendre le temps de bien analyser le rapport avant de le commenter», a dit Yasmine Abdelfadel.